18 Octave 11ème décan

Publié le par Jack Boy



11h34 : Réveil douloureux. Du coton dans les artères.


14h30 : Parade de séduction.


15h22 : Et hop. Le moment même ou les corps font bam bam boum boum tchiki yeah, c'est un peu comme une frontière qu'on dépasse sans vraiment s'en rendre tout à fait compte. Du moins, pour moi.


15h30 : Orgasme.


15h31 : L'interphone sonne. Elle va déccrocher. Elle se marre. C'étaient les Témoins de Jéhova.


15h40 : Pause clope. Un genre de détente absolue.


15h57 : Dehors. On me taxe du feu -que j'ai.


16h12 : Au centre d'accueil de la Mission Locale. Pendant que j'attend qu'on me rende mes papiers, un type monte sur un tabouret derrière moi, brandit une corne de brume artisanale géante et se met à souffler. Les papiers volent, les gens lèvent les yeux, et comme un troubadour il annonce où et quand se déroulera un salon sur les droits de la femme. Il prévient qu'il a la mémoire des visages et qu'on a intérêt de tous y venir.


16h20 : On me taxe vingt centimes - que je n'ai pas.


16h24 : Dehors. Je passe à côté d'une école privée. Trois gamines de quinze ans me dépassent en riant. Elles se sont foutues de la gueule d'une autre gosse en béquille qui s'est cassé la mouille devant le portail. Deux vieux l'ont relevée et regardent les trois autres partir, l'air scandalisés. Ils demandent à la gamine si sa mère est là, et l'autre répond que non. Le pire, c'est qu'elle ne pleure même pas ; je m'éloigne en songeant qu'elle a du en voir souvent d'autres du même genre.


16h32 : Un groupe de punks bourrés squatte le trottoir. L'un d'eux, apparement à la traîne, leur demande de ne pas partir sans lui. Ils se retournent tous dans un même mouvement et attendent leur pote en silence.


16h34 : Un type d'environ vingt-cinq ans, casquette et plein de piercings sur la gueule, me demande si j'ai le temps pour un sondage. Par habitude, je réponds non.


16h39 : Après être passé à la Poste, je reviens sur mes pas. Le type aux piercings est encore là. J'ai le temps, maintenant, je lui dis. Il a l'air content. On découvre ensemble que je ne peux pas répondre à son sondage sur la consommation parce que je suis trop pauvre pour acheter les produits concernés. On rigole. Je lui demande ce qu'il n'arrive jamais à faire dans ses rêves. Ca l'intéresse drôlement, mais il dit que ses rêves changent tout le temps.


16h55 : La nana du guichet la SNCF est vraiment jolie. Même si elle a des seins un peu trop énormes.


17h21 : Le chat se frotte contre mes jambes. Je lui dis que les aventures à vivre dehors sont vraiment pas mal, et que c'est ballot pour lui qu'on ait même pas de balcon.

Publié dans Avec du beurre dedans

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