Sweet amanite phalloïde queen

Publié le par Jack Boy

Il m'avait dit ça : c'est du tonnerre. Il m'avait dit, tu verras, j'en prends tout le temps. J'avais jamais eu vraiment confiance en lui parce que je savais de quoi il était capable, en particulier avec les gonzesses ; mais comme je suis pas une gonzesse, et accessoirement parce que c'est mon pote, j'ai obéis. C'est pas facile de dire non, mais c'est plus simple que de dire oui. Pour moi en tout cas. Je me serais pas vraiment posé la question avant, sans doute, mais maintenant tout était différent. Ca faisait plus d'un an que c'était différent.

J'ai les pupilles dilatées.

J'ai plus peur de ce qui peut m'arriver depuis qu'Il est plus là. J'ai pas à m'en faire. Et puis, il peut rien m'arriver. C'est ce que se disent les gosses qui ont peur du noir. Si tu crois qu'il y a des créatures prêtes à te bouffer tapies dans l'ombre, t'avances pas. Mais si tu penses que c'est toi le traqueur, que c'est toi qui cherche une victime, que c'est toi qui a le pouvoir, il n'y a plus de raisons d'avoir peur. Je domine totalement. Deux ou trois connasses dansent à ma droite, mais je m'en fous, et je plonge, c'est pas évident de se repérer dans un espace pareil mais comme toujours c'est l'instinct qui marche ; c'est pareil pour le sexe, c'est pareil pour la drogue, c'est pareil pour tout, et je me laisse guider et il règne une chaleur suffoquante et mon pote me propose à boire mais je mets deux heures à réagir et quand je me retourne enfin vers lui il a disparu, alors je joue à nouveau au prédateur, seul dans le noir et entre tous ces corps, je joue au client, au type qui choisi ce qui pourrait lui faire plaisir, je vois des seins partout, qui se tendent vers moi et c'est une putain d'euphorie, mais froide, et quand je finis par vouloir dégager c'est Lui que je vois. J'en suis pas certain mais tout me reviens pourtant d'un bloc, et c'est un putain de désir sexuel qui s'empare de moi quand je le reconnais vraiment, une putain d'envie de le prendre tout de suite, sur le sol moisi, sans faire gaffe à personne, de lui gueuler ma haine de l'avoir vu disparaître avant de lui arracher les lobes avec mes dents. Je suis un prédateur, oui, un prédateur, pas de raisons d'avoir peur. Il me regarde et je bande mais je ne bouge pas, parce que ça ne sert à rien, et l'harmonie aurait put être tellement bonne si il avait lui aussi pris un de ces cachetons, mais nous ne sommes pas sur la même onde, la barrière invisible de la drogue que j'ai ingurgitée nous sépare, comme si on appartenait à deux mondes différents, et j'arrive même pas à lui parler, les mots sortent totalement discontinus parce qu'il n'y a que s'il en avait pris aussi qu'il m'aurait compris, et je lui dis que j'ai envie de lui, que je veux qu'il me sorte de cet endroit, mais il se retourne et je transpire comme un violeur, et les draps se collent à moi et m'emprisonnent sans me laisser le temps de le rattraper.

Publié dans Dyslexie western

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