I'm forever blowing bubbles

Publié le par Nathan

 

 

 

L'Hiver, quelque part dans Newham. Je me réveille comme d'habitude à l'heure où la plupart des types du coin vont boire quelques verres pour terminer leur journée sur quelque chose qui leur donne un minimum de réconfort, même si, comme West Ham joue ce soir, ils auront tous le regard collé à l'écran qui trône au-dessus du bar en même temps qu'ils garderont le nez plongé dans leur bière. Ca leur fait des têtes de caméléons, avec des yeux indépendants du reste.


West Ham – Liverpool, 20H.


Je le vois pas, mais je sais que tous les mecs de Newham font la queue devant le stade. Il pèle alors les écharpes bordeau ont remplacé les maillots, sauf chez les cons qui se la jouent et qui font mine de pas avoir froid. Ils se bousculent tous un peu, ils finissent leur bouteille de gin ou alors ils la planquent dans une poubelle avant que ce soit leur tour d'entrer. Les flics sont sur des chevaux, et les bestioles crachent de longs filets de vapeur par les naseaux. Ils séparent les supporters de West Ham des autres gens venus se frotter à la réalité du foot londonien, pour pas faire trop de vagues, parce que ça arrive que les fans de West Ham tapent aussi sur les familles peinardes qui viennent là une fois de temps en temps. Parce que pour eux, c'est pas des vrais supporters. Eux, ils respirent, ils boivent et ils cognent pour West Ham. Et puis ils chantent, surtout.

 

"Je crache toujours des bulles."

 

C'est ça leur hymne.

 

"Des jolies bulles dans l'air."

 

C'est complètement con.

 

"Elles volent si haut, et touchent le ciel."

 

Mes couilles. Les seules vraies bulles, c'est celles que j'ai dans la poche.

 

"UNITED ! UNITED !"

 

Je les revends à ceux qui vont pas voir les matchs. Les punks, les anarchos, parfois aussi certains bourges qui trouvent que mes prix sont super corrects par rapport à ce que d'autres dealers proposent à la sortie des clubs du centre. Moi, je tire pas sur la corde comme un malade. Je suis safe.

 

Dans une flaque d'eau, ma gueule tire une sale tête. Faudrait que j'arrive à vendre au moins la moitié de ce que j'ai sur moi pour pouvoir payer mon loyer à la fin de la semaine.

 

J'habite avec Jen.

Mais Jen paye rien, parce que Jen est une toxico.

Je suis pas assez con pour réclamer.

Mais elle est à l'héro, alors elle ne me tape des cachets que de temps en temps. Pour amortir la descente.

 

Les dealers d'héro et de coke sont pas ceux qui vendent des ecstas, et encore moins ceux qui refourguent de la beuh.

 

United, united.

 

Comme les hooligans. Les types de West Ham se mélangent pas à ceux de Chelsea. Pas fous. Ils defendent pas le même terrain.

 

"Je crache toujours des bulles. Des jolies bulles dans l'air."

 

On est pas sur le même terrain. Les hooligans qui ratissent la rue ont normalement rien contre moi.

 

United.

 

Mais les hooligans sont des sacrés cons.

 

UNITED !

 

Minuit sonne.

 

United.

 

Mon premier client de la nuit est déjà là.

 

 

 

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Comme l'autre fois j'ai pas vraiment su choisir, j'ai gardé la deuxième version.

Publié dans Dyslexie western

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zofia 19/10/2011 19:59


Celle-ci me plaisait bien pourtant...


Nathan 19/10/2011 20:39



Oh vrai ? J'aimais bien l'idée aussi.