Coming of age, coming alive.

Publié le par Jack Boy

La balle claque sur le béton. A côté de moi un gamin ramasse une pierre qu'il jette de toutes ses forces vers le haut, vers les cables haute tension, vers les montagnes de verre et qui s'écrase aux pieds d'un flic, et le flic siffle, une fois, deux, longtemps, et le gosse recule en sautillant, guettant s'il peut trouver un autre projectile, plus lourd peut-être, mais le flic s'avance et déjà les autres se rammènent comme une meute solidaire face au prédateur, toutes dents dehors, avec du sang plein les yeux, et le gosse a disparu mais je les vois courir vers moi, et je reste là parce que je veux sentir leur morsure, la puissance des coups sur ma carcasse paumée, le fracas des matraque sur mes tempes et le bleu des chocs électriques dans les tréfonds de mon foie, comme une gerbe imminente et le choc contre le bitume, les crachas des balles et le staccato des tirs sur les murs, les affiches, les pavés, les gens, les enseignes, les flaques d'hémoglobine entre les sinuosités du canniveau, écrasé par le poids de tant de gens qui ont tout à gagner et qui perdent le contrôle, qui ne peuvent plus rien pour moi, plus rien et même pas arrêter, cela n'a déjà plus d'importance et il vaut mieux continuer à frapper pour faire cesser les râles de douleur, les suffocations et les gémissements qui rappellent un vieux porno, quand la fille se fait soit-disant violer par quatre types en mêmes temps, mais putain, comment ça peut être possible, y a pas assez d'orifices dans une seule femme, bordel, mais la logique s'envole avec la douleur et déjà, je ne sens plus rien.

Publié dans Dyslexie western

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